Foire aux questions sur les nouveaux programmes de français et les nouvelles ÉAF

Ce document a été réalisé par l’équipe des IA-IPR de Lettres pour répondre aux questions posées par les professeurs de l’académie de Montpellier. Les références des textes cités sont données en fin de document. Des ajouts ultérieurs seront publiés sur la page des lettres du site académique.

Sommaire

Les nouveaux programmes de français

Les nouvelles épreuves anticipées de français

Épreuves écrites

Épreuve orale

Annexes

Réponses aux questions

Les nouveaux programmes de français

Pour ce qui est de l’étude de l’œuvre intégrale, peut-on choisir une autre perspective que celle du parcours, par exemple « hommes et animaux », qui guiderait le choix des fables étudiées et celui d’autres textes complémentaires (Montaigne, Rousseau par exemple) sur le même thème ?

Le parcours associé à l’œuvre fait partie intégrante du programme obligatoire et ne peut être changé. Le parcours permet de « situer [l’œuvre] dans son contexte historique et générique » donc d’en favoriser l’abord et d’en éclairer la lecture. Ainsi, le parcours associé à Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à XI) est-il « Imagination et pensée au XVIIe siècle ». Il invite à aborder l’étude du second recueil des Fables selon une dialectique chère au XVIIe qui réfléchit sur ce qu’est la pensée et le rôle qu’y joue l’imagination. Par exemple, leur combinaison définit l’apologue chez La Fontaine, le rôle prépondérant de l’imagination dans la pensée est affirmé par Gassendi et repris par Cyrano de Bergerac, il est objet d’un doute pour Descartes, alors que l’imagination devient une « puissance trompeuse » dans les Pensées de Pascal.

Ainsi, « l’étude de l’œuvre et celle du parcours sont étroitement liées et doivent s’éclairer mutuellement : si l’interprétation d’une œuvre suppose en effet un travail d’analyse interne alternant l’explication de certains passages et des vues plus synthétiques et transversales, elle requiert également, pour que les élèves puissent comprendre ses enjeux et sa valeur, que soient pris en compte, dans une étude externe, les principaux éléments du contexte à la fois historique, littéraire et artistique dans lequel elle s’est écrite. » (BO du 21 janvier 2019).

Les ressources Éduscol donnent des exemples de parcours sur des corpus différents du programme. Peut-on avoir une illustration tirée de la liste limitative des œuvres et parcours associés ?

— Exemple autour de Jean Racine, Phèdre / Parcours : « Passion et tragédie » / Objet d’étude : Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle.

On se demandera de quels textes les élèves ont besoin pour lire et penser Phèdre de Racine à travers les liens entre passion et tragédie.

— Proposition d’exemples à puiser dans les œuvres XVIIe siècle :

Dimension passionnante de la tragédie et dimension tragique de la passion. Autour de Racine : extraits de tragédies au même effet passionnel chez le spectateur : Andromaque, Britannicus. Autour de Corneille, pour cerner les différents fonctionnements de la passion : dans Le Cid, la passion est liée à la grandeur héroïque ; dans Médée (monologue notamment), la passion est à l’envers de la tragédie racinienne. Autour des Augustiniens : Le Traité de la comédie de Pierre Nicole aide à penser l’influence théologique de Saint Augustin dans l’œuvre de Racine ainsi que les enjeux et contraintes posés par la passion. Des Ouvrages de l’esprit (note 50) de La Bruyère ouvre la réflexion sur la littérature morale.

— Proposition d’exemples à puiser dans les œuvres postérieures au XVIIe siècle :

L’intensification passionnelle du spectacle romantique fait éclater la tragédie. On retrouve l’utilisation de la passion théâtrale au XXe siècle avec Jean Anouilh. Dans le théâtre contemporain de Wajdi Mouawad, on observera le dialogue de l’auteur avec la tragédie classique.

— Remarque : dans le cadre des compléments éventuels (groupements de textes, prolongements artistiques), il est possible d’aborder par exemple l’Hippolyte de Garnier, la Phèdre de Sénèque ou l’Hippolyte d’Euripide, qui offrent des mises en perspective pertinentes. On peut étudier également, dans Les Confessions de Saint Augustin (III, 2) l’analyse de la passion pour le théâtre et les jeux du cirque. Les œuvres anglaises de Shakespeare (extraits du Roi Lear, pour un usage de la passion en contrepoint à Racine) ou de Sarah Kane éclairent le parcours. La passion tragique est présente aussi, transformée, dans d’autres genres tels que l’opéra de Verdi.

L’intitulé du parcours est-il la problématique d’étude de l’œuvre intégrale ?

L’intitulé du parcours n’est pas une problématique mais invite à une certaine entrée et un cheminement dans l’œuvre. Il en permet aussi une étude plus ciblée et moins exhaustive.

L’œuvre étudiée en lecture cursive doit-elle entrer obligatoirement dans l’intitulé du parcours ?

La lecture cursive s’inscrit dans un même souci de cohérence, son rôle est de compléter le parcours et de nourrir le travail autour de l’œuvre intégrale. Les textes précisent que les lectures cursives qui s’inscrivent dans les objets d’étude doivent être d’un autre siècle que l’œuvre étudiée.

Peut-on choisir des auteurs d’un autre siècle que ceux de la période historique imposée par l’objet d’étude ?

Un parcours associé à l’œuvre est un groupement de textes organisé de façon chronologique qui s’inscrit dans l’objet d’étude et son empan chronologique, par exemple « La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle » en classe de Première.

Toutefois, les groupements de textes, les lectures complémentaires et prolongements artistiques qui s’ajoutent éventuellement au parcours associé peuvent sortir de ces limites chronologiques et proposer des ouvertures plus vastes. Par ailleurs, les programmes incitent à donner « une place aux littératures francophones et étrangères, depuis les textes de l’Antiquité jusqu’aux grands textes de la littérature moderne et contemporaine, en s’appuyant sur des traductions de qualité. » Ces corpus permettent, « par une analyse comparée, d’enrichir et de préciser l’interprétation des œuvres ou des textes composant les parcours. »

Quelle articulation entre le carnet de lecture et les écrits d’appropriation ?

Les nouveaux programmes insistent sur cette appropriation personnelle des œuvres. Ils précisent aussi que « L’élève garde la trace du travail et des activités menés tout au long de l’année ». Afin de construire ce travail, le professeur est invité à développer chez l’élève des pratiques personnelles telles que le carnet de lecture et les écrits d’appropriation. Le carnet de lecture permet une appropriation personnelle des textes et œuvres par les élèves. La nouvelle épreuve orale « [réclame] du candidat une implication personnelle dans sa manière de rendre compte et de faire partager une réflexion sur ses expériences de lecture. » L’usage du carnet de lecture en début d’année gagne à être guidé par l’enseignant qui propose une structure initiale et des activités afin que ce support devienne peu à peu pour l’élève un espace plus autonome de réflexion, d’approfondissement et de recherche. Les ressources d’accompagnement en donnent de multiples exemples.

Les écrits d’appropriation énumérés par les programmes peuvent trouver leur place dans le carnet de lecture des élèves. En voici quelques exemples non exhaustifs, présentés dans deux ouvrages récents :

Sylviane Ahr, Former à la lecture littéraire, Réseau Canopé, 2018. Exemples de jugement personnel :

  • à partir du monologue de Rodrigue (Corneille, Le Cid, acte I, scène 6) : que feriez-vous à la place de Rodrigue ?
  • le choix final de Rodrigue vous rend-il le personnage sympathique ?

François Le Goff, Véronique Larrivé, Le temps de l’écriture : Écritures de la variation, écritures de la réception, UGA éditions, 2018. Exemples d’écriture d’intervention :

  • écrivain et pensionnaire de la pension Vauquer, Balzac est un personnage du Père Goriot. Vous réécrivez son portrait en l’insérant dans les premières pages du roman. Vous tenez compte des analyses des portraits de Poiret et Vautrin.
  • le journal du personnage : en lien avec chaque épisode majeur du récit, les élèves sont invités à écrire une page du journal en adoptant le « je » d’un personnage de la fiction, avec des consignes d’écriture toujours différentes qui permettent de varier les situations d’énonciation et les types de discours à produire.

La référence, dans les propos du candidat, au carnet de lecture et aux écrits d’appropriation peut nourrir l’entretien de l’épreuve orale (voir ci-dessous). La créativité des lycéens demeure ainsi sollicitée.

Les nouvelles épreuves anticipées de français

Épreuves écrites

Commentaire

Le texte à commenter est-il extrait des œuvres intégrales du programme ?

Non : « Le texte proposé en commentaire n’est pas extrait d’une des œuvres au programme. » Cette approche interprétative distingue clairement l’épreuve écrite de l’épreuve orale (explication linéaire sur un extrait d’une œuvre du programme limitatif ou du parcours associé).

Ce texte est-il en lien avec les objets d’étude ?

Oui : « Le commentaire porte sur un texte littéraire, en lien avec un des objets d’étude de la classe de Première ». Ceci devrait permettre aux candidats de réinvestir des connaissances, notamment en histoire littéraire, pour aborder le texte.

Pour les séries technologiques, la note de service précise que l’objet d’étude qui concerne la littérature d’idées est exclu pour le choix du texte, cet objet d’étude servant de support à l’exercice de contraction de texte/essai. Comme c’était le cas précédemment, « le sujet est formulé de manière à guider le candidat dans son travail ».

Les attendus du commentaire ont-ils changé ?

Non. Les attendus, pour chaque série, demeurent ceux des épreuves des années antérieures. Ainsi, pour le bac technologique, « le sujet est formulé de manière à guider le candidat dans son travail. »

Dissertation (série générale)

Combien de sujets de dissertation sont proposés ?

« Le candidat choisit l’un des trois sujets de dissertation, chacun étant en rapport avec l’une des œuvres du programme et son parcours associé. » Ainsi, trois sujets sont proposés, à propos du même objet d’étude, sur les trois œuvres et parcours associés. Par exemple, si l’objet d’étude poétique est proposé, les sujets de dissertation porteront au choix sur Les Contemplations, Les Fleurs du Mal et Alcools – ainsi que sur leurs trois parcours associés formulés dans le programme limitatif.

Les correcteurs évalueront les compétences et connaissances des élèves selon des critères communs et équitables.

Quelle est la place du parcours associé dans une dissertation dont le sujet porte sur l’œuvre au programme ?

La note de service fixant les modalités de l’examen est explicite : « La dissertation consiste à conduire une réflexion personnelle organisée sur une question littéraire portant sur l’une des œuvres et sur le parcours associé figurant dans le programme d’œuvres. Pour développer son argumentation, le candidat s’appuie sur sa connaissance de l’œuvre et des textes étudiés dans le cadre de l’objet d’étude concerné, ainsi que sur ses lectures et sa culture personnelle ». « Le sujet peut prendre la forme d’une question ou d’une citation (extrait de l’œuvre ou d’un autre texte de l’auteur, jugement d’un autre auteur ou extrait d’une étude critique.) »

Dans l’exemple donné par le sujet zéro, la dissertation est centrée sur l’œuvre, qui est éclairée par le parcours associé (textes étudiés de manière détaillée, lectures cursives voire groupement de textes ou prolongements artistiques et culturels) et la culture personnelle du candidat. Ainsi, outre la maîtrise de la langue, la compréhension du sujet et la construction d’une réflexion organisée, l’évaluation concernera donc la mobilisation précise d’une culture diversifiée (œuvre / parcours / culture personnelle) et l’articulation pertinente de ses composantes pour traiter le sujet.

Quelle différence avec la dissertation des anciennes épreuves écrites ?

Le document d’accompagnement relatif à la dissertation, extrait des ressources Éduscol, répond à cette question :

« La dissertation ne porte donc plus sur un sujet général : les candidats qui auront lu avec attention et étudié les œuvres au programme pourront prendre appui sur des références précises à l’œuvre et aux textes sur lesquels ils auront travaillé, pour traiter un sujet lui-même plus restreint. Les connaissances requises sont moins vagues, elles auront été acquises dans le cours de l’année par un travail centré sur l’œuvre ; les sujets seront plus ajustés aux œuvres et aux parcours sur lesquels ils portent. […] L’étude de l’œuvre, de même que celle des textes qui contribuent à l’éclairer, est de plus orientée par l’intitulé du parcours associé, qui définit une perspective principale de travail invitant le professeur à explorer l’œuvre selon cette orientation et le libérant de la crainte de ne pouvoir tout dire. L’intitulé du parcours vise ainsi à assurer une cohérence entre étude interne et étude externe de l’œuvre. Le sujet proposé à l’examen tient bien entendu compte de cette orientation privilégiée, de manière à permettre aux élèves de le traiter sur la base des connaissances acquises au cours de l’année. »

Contraction – essai (séries technologiques)

Combien de sujets sont proposés ?

Ces exercices portent « sur le thème ou la question que le texte partage avec l’œuvre et le parcours étudiés durant l’année dans le cadre de l’objet d’étude La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Ainsi, trois sujets (trois contractions de textes et les trois essais qui leur sont associés) sont proposés, à propos du même objet d’étude, sur les trois œuvres et parcours associés laissés au choix du professeur du candidat.

Qu’est-ce que la contraction de texte ?

La contraction de texte demande de suivre précisément l’énonciation et la structure du texte qui va être réduit. Elle porte sur des textes argumentatifs. L’objectif en est de restituer de manière précise, claire et concise la pensée d’un auteur. « Un nombre de mots précis est demandé pour chaque contraction : d’une longueur de mille mots environ, le texte fait l’objet d’un exercice de contraction au quart, avec une marge autorisée de plus ou moins 10 %. Le candidat indique à la fin de l’exercice le nombre de mots utilisés. » Les documents d’accompagnement précisent comment effectuer le décompte : « On entend par « mot » une unité typographique signifiante. « C’est-à-dire » correspond à quatre mots, mais certains mots composés, comportant des éléments n’ayant pas de signification propre, sont comptés comme un seul mot. C’est le cas par exemple pour « socio-culturel » ou « aujourd’hui ». On compte également pour un mot une date, un chiffre, un nom propre, un pourcentage. »

De quelle époque est tiré le texte à résumer ?

La contraction « prend appui sur un texte relevant d’une forme moderne et contemporaine de la littérature d’idées. » Il est donc postérieur au bornage chronologique de l’objet d’étude et plus accessible au candidat.

Quels sont les critères d’évaluation de la contraction ?

L’évaluation de la contraction concerne : la concision, la compréhension du texte source (thèse, argumentation), le respect de son énonciation et de sa structure, la reformulation personnelle du propos et la maîtrise de la langue.

Qu’est-ce qu’un essai dans le cadre des épreuves anticipées de français ?

L’essai est un écrit argumentatif dont la forme est plus souple que celle de la dissertation. L’élève s’appuie sur la contraction de texte de la première partie de l’épreuve, sur ses connaissances, sur l’objet d’étude, l’œuvre étudiée et son parcours, ainsi que sur sa propre culture pour construire son argumentation. Il peut s’impliquer directement et recourir au « je » comme le montrent les propositions rédigées des ressources d’accompagnement du programme.

Comment le sujet de l’essai est-il formulé ?

« Le sujet lui-même peut prendre des formes diverses : une question ou une formule portant sur le programme, une citation extraite de l’œuvre au programme ou d’un texte qui pourrait figurer parmi ceux du parcours associé, une citation du texte source de la contraction… Quelle qu’en soit la forme, il doit pouvoir susciter la réflexion et permettre au candidat de développer sa réponse sans se perdre en conjectures sur le sens de la question : le temps qu’il pourra consacrer à cet exercice est celui qui lui restera après le travail de la contraction : il est donc souhaitable que le sujet ménage la possibilité d’une réelle continuité de la réflexion entre les deux exercices de l’épreuve. »

Quels sont ses critères d’évaluation ?

Outre la maîtrise de la langue, la compréhension du sujet et la construction d’une réflexion organisée, l’évaluation portera sur la mobilisation précise d’une culture diversifiée (texte source de la contraction / œuvre / parcours / culture personnelle) dans le cadre du traitement du sujet. Plusieurs plans sont possibles.

Épreuve orale

Le descriptif

Quel est l’objectif du descriptif des activités ?

En vue de l’examen oral, le professeur rédige pour l’ensemble des élèves de sa classe un « descriptif des activités » réalisées pendant l’année de première. Le descriptif se définit comme une restitution du travail, conduit durant l’année scolaire de première, orientée en vue de l’examen. Dans une perspective d’équilibre, de mesure et de lisibilité, il convient de ne pas confondre le descriptif et le projet annuel. Si tous les exercices et travaux figurent sur le projet annuel, il n’en va pas de même pour le descriptif qui est un support d’interrogation, et lie de ce fait l’enseignant à l’examinateur pour assurer à l’élève une évaluation équitable et pertinente. Sa mise en page – linéaire ou tabulaire – et sa présentation sont laissées à l’appréciation de chaque enseignant ou de chaque équipe pédagogique. Dans tous les cas, il faudra veiller à préserver la concision et la lisibilité de ce document, dans le respect des enjeux et des modalités spécifiques liés aux deux parties de l’épreuve.

Que doit comporter la première partie du descriptif ?

En vue de la première partie de l’épreuve, on doit d’abord trouver indiqués dans tous les descriptifs, pour chacun des quatre objets d’étude :

  • l’intitulé de l’objet d’étude ;
  • éventuellement la formulation d’un titre ou d’une problématique ;
  • la mention de l’œuvre choisie (dans le programme limitatif) et de son parcours associé ;
  • la liste des textes susceptibles de donner lieu à une explication linéaire : extraits de l’œuvre (au moins 3 en série générale, au moins 2 en série technologique) et du parcours associé (au moins 3 en série générale, au moins 2 en série technologique) ;
  • la ou les lecture(s) cursive(s) ;
  • un groupement de textes et documents complémentaires et/ou un prolongement artistique et culturel éventuellement étudiés.

Seront précisées les références du manuel utilisé dans la classe, l’édition des œuvres et les références des différents textes indiqués : édition, chapitre, page, début et fin de l’extrait. L’insertion de textes manuscrits est à proscrire.

Et la deuxième partie du descriptif ?

En vue de la seconde partie de l’épreuve, on doit ensuite trouver indiquée « l’œuvre choisie par le candidat parmi celles proposées par l’enseignant au titre des lectures cursives obligatoires ou parmi celles qui ont été étudiées en classe ». Le B.O. ne précisant pas la forme de cette information, il est par exemple possible de dresser la liste de ces ouvrages (lectures intégrales du corpus limitatif et lectures cursives proposées ou imposées par le professeur) et de demander à l’élève de souligner ou d’entourer les références de l’œuvre choisie pour la seconde partie de l’épreuve orale. Il convient en effet de s’assurer que cette œuvre a bien été lue dans le cadre du programme de 1re étudié pendant l’année.

Le descriptif est-il anonyme ?

Non, il est signé par l’enseignant et porte le cachet de l’établissement.

La première partie de l’épreuve

Lecture expressive

Les 2 points évaluant la lecture du texte incluent-ils sa présentation ?

L’explication débute par la lecture du texte par le candidat. Seule la lecture est notée sur 2 points. La brève présentation du texte, qui précède la lecture, n’est pas évaluée ici.

Explication linéaire

Combien de temps dure l’explication ?

La première partie dure 12 minutes et comporte trois temps (lecture, explication, question de grammaire) : aucun séquençage n’est donné par les textes mais l’explication notée sur 8 points doit bien sûr occuper la grande majorité de ce temps. Comme les années précédentes, des aménagements réglementaires seront accordés aux candidats bénéficiant de tiers-temps.

Les explications de texte à l’oral doivent-elles obligatoirement être linéaires ? Autorisera-t-on les commentaires ou les lectures analytiques organisées autour d’axes ?

« Le candidat propose une explication linéaire d’un passage d’une vingtaine de lignes […] » Il s’agit donc bien d’une explication linéaire. Les ressources et documents d’accompagnement donnent des exemples possibles.

Quelles sont les spécificités de l’explication linéaire ?

La spécificité de l’explication linéaire consiste à présenter les analyses en suivant le cheminement du texte afin d’en expliciter sa singularité. Elle ne s’oblige cependant pas à l’expliquer phrase par phrase et elle proscrit la paraphrase et l’émiettement des remarques. En effet, dans un souci de clarté et de cohérence évitant les redites, elle peut non seulement opérer des regroupements à l’intérieur de chaque mouvement du texte mais aussi souligner, au fil de l’explication, les échos significatifs entre telle remarque et la suite de l’extrait.

Les connaissances et compétences évaluées dans une explication linéaire (voir la note de service sur les ÉAF) en font une lecture attentive et réfléchie, cherchant à éclairer le sens du texte et à construire chez l’élève des compétences d’analyse et d’interprétation. Elle répond de manière rigoureuse et ordonnée à un projet de lecture. Aucun formalisme canonique ne doit en limiter l’esprit.

Les compétences mises en œuvre par l’explication linéaire préparent utilement l’exercice écrit du commentaire, qui présente la synthèse des analyses d’indices textuels en l’organisant selon plusieurs axes interprétatifs.

Comment présenter une lecture linéaire ?

Les documents d’accompagnement précisent la démarche, sans la figer :

  • présentation du contexte de l’extrait
  • diction du texte à voix haute
  • présentation du thème et de la forme
  • description du mouvement du texte, c’est-à-dire des différents temps du passage
  • « on peut proposer une piste de lecture, une question que l’explication linéaire va progressivement décliner ; si expliquer, c’est questionner, il peut être utile d’expliciter cette question dès l’introduction – même si ce n’est pas obligatoire. »
  • développement de l’explication linéaire « soucieuse de la forme et du sens, des effets et de la raison des effets. »
  • conclusion qui récapitule l’explication voire ouvre la perspective.

Quelle est la longueur des textes à expliquer ?

Les textes étudiés en classe tout au long de l’année ne sont pas nécessairement calibrés en fonction des consignes de l’examen pour lequel la longueur de l’extrait à étudier est fixée à une vingtaine de lignes « de prose continue ». Rien n’interdit d’étudier des extraits plus larges. De même si la méthode de l’explication linéaire doit être travaillée et enseignée aux élèves dès la classe de seconde, elle ne saurait être la seule modalité d’approche des textes. L’examinateur procèdera si nécessaire au découpage du texte afin que la longueur de l’extrait corresponde au format de l’épreuve (limitation de la longueur du texte et de la durée de l’explication).

Pour l’explication de texte, l’examinateur doit-il formuler une question/problématique ?

L’examinateur indique par écrit au candidat le texte sur lequel il l’interroge ainsi qu’une question de grammaire qui ne peut concerner qu’un passage de l’extrait faisant l’objet de l’explication. Aucune question d’analyse n’est posée au candidat pour orienter son explication.

Certaines éditions scolaires comportent des exemples d’explications linéaires et de points de grammaire développés. Comment éviter la rupture d’égalité lors des oraux ?

Le vadémécum de l’examinateur donnera des consignes précises à cet égard, pour favoriser l’équité de traitement entre les candidats.

Question de grammaire

La question de grammaire peut-elle porter sur la totalité du programme d’étude de la langue au lycée ?

La question ne concerne, pour les ÉAF 2020, que les objets d’étude syntaxiques du programme de français de première c’est-à-dire, l’interrogation, la négation, les propositions subordonnées conjonctives en fonction de compléments circonstanciels.

Elle « vise l’analyse syntaxique d’une courte phrase ou d’une partie de phrase » extraite du texte expliqué.

Pour rappel, la syntaxe est la partie de la grammaire qui étudie les relations entre les mots et unités constituant une proposition ou une phrase, leurs combinaisons, et les règles qui président à ces relations, à ces combinaisons, à ces hiérarchisations.

Afin d’analyser la syntaxe des phrases, pour définir la fonction des mots et groupes de mots, il est nécessaire d’avoir recours aux manipulations syntaxiques de base (déplacement, effacement, substitution, ajout, encadrement). Des manipulations peuvent donc être demandées lors des épreuves orales.

La question de grammaire peut-elle porter sur la totalité du texte expliqué ?

Non, elle concerne uniquement « l’analyse syntaxique d’une courte phrase ou d’une partie de phrase ».

Faut-il mentionner dans le descriptif les questions de grammaire abordées en classe pour chacun des textes ?

Non, « Le candidat répond à la question de grammaire posée par l’examinateur au moment du tirage ». Dans cet esprit, afin que l’examinateur définisse une question de syntaxe extraite du programme et appliquée à l’étude « d’une courte phrase ou d’une partie de phrase » extraite du texte expliqué », les questions de grammaire abordées en classe à propos des textes ne figureront pas dans le descriptif.

Par ailleurs, le programme d’étude de la langue n’impose pas de travailler spécifiquement un objet linguistique par texte : l’analyse s’appuie sur de nombreux indices linguistiques et peut, si nécessaire, insister sur l’un d’entre eux. D’autres peuvent être traités de manière plus systématique. La question choisie peut ou non revêtir une importance significative dans le texte expliqué (par exemple la syntaxe de l’interrogation dans un discours argumentatif). Les élèves sont donc préparés à adapter leurs connaissances et compétences à toute question d’ordre syntaxique liée au programme.

Où trouver des exemples de questions de grammaire ?

Le document d’accompagnement disponible sur Eduscol évoqué plus haut propose un exemple d’explication linéaire des sept premières strophes de « L’Isolement » de Lamartine et donne également quatre exemples de questions de grammaire. Ces exemples appellent plusieurs remarques :

  • Les questions portent exclusivement sur le programme de Première
  • Les deux premiers exemples attendent du candidat qu’il identifie des objets grammaticaux (type d’interrogation, nature et fonction du pronom interrogatif, type de négation…)
  • Les deux autres, qui portent sur les propositions subordonnées conjonctives, invitent à des manipulations. En l’occurrence il s’agit de transformer deux propositions coordonnées en une proposition principale et une subordonnée circonstancielle.

Ainsi la question de grammaire ne se limite pas à un exercice d’« étiquetage » grammatical mais elle évalue la capacité du candidat à porter un regard réflexif sur le fonctionnement de la langue. D’autre part, ces exemples sont une invitation à pratiquer fréquemment, et ce, dès la classe de Seconde, ces exercices de manipulation (transformation, déplacement, changement de classe grammaticale, suppression…)

La deuxième partie de l’épreuve

L’entretien à l’oral du bac portera sur une « œuvre choisie » par le candidat. S’agit-il d’un choix totalement libre ? Le candidat peut-il choisir n’importe quelle œuvre au programme étudiée pendant l’année ? N’importe quelle œuvre cursive recommandée par le professeur ? Ou n’importe quelle œuvre cursive de son choix en lien avec l’une des séquences ?

En vue de la seconde partie de l’épreuve, le descriptif doit indiquer « l’œuvre choisie par le candidat parmi celles proposées par l’enseignant au titre des lectures cursives obligatoires ou parmi celles qui ont été étudiées en classe ». Ce document, rédigé pour l’ensemble de la classe, comportera donc une mention plus individuelle, faite par l’élève : « Ce descriptif comporte également une partie individuelle indiquant l’œuvre choisie par le candidat parmi celles proposées par l’enseignant au titre des lectures cursives obligatoires ou parmi celles qui ont été étudiées en classe : cette œuvre fait l’objet de la seconde partie de l’épreuve. » Il s’agit pour l’élève de choisir dans la liste des lectures intégrales du corpus limitatif et des lectures cursives proposées ou imposées par le professeur (donc cadrées par lui). Il convient en effet de s’assurer que cette œuvre a bien été lue dans le cadre du programme de 1re étudié pendant l’année. Le choix est donc limité et n’est pas totalement libre. Le candidat peut choisir n’importe quelle œuvre au programme étudiée pendant l’année, n’importe quelle œuvre cursive recommandée par le professeur mais pas n’importe quelle œuvre cursive de son choix en lien avec l’une des séquences si cette œuvre n’a pas été validée par le professeur.

L’œuvre choisie doit-elle s’inscrire dans le même objet d’étude que le texte qui vient d’être expliqué ?

Non, les deux parties de l’épreuve orale sont distinctes : l’œuvre choisie par l’élève ne figure pas nécessairement dans la même séquence que celle qui vient d’être interrogée par l’examinateur.

Le choix de l’œuvre peut-il porter sur une œuvre non littéraire, par exemple un film ou un tableau, voire une production personnelle de l’élève ?

Non : « Cette partie de l’épreuve, notée sur 8 points, évalue l’expression orale, en réclamant du candidat une implication personnelle dans sa manière de rendre compte et de faire partager une réflexion sur ses expériences de lecture. » Les exemples donnés relèvent du champ de la lecture d’ouvrages proposés dans le cadre du programme. Les prolongements artistiques et culturels abordés en classe pourront nourrir la justification du candidat et contribuer à expliciter son choix.

Lors de l’entretien, les élèves pourront-ils disposer de l’œuvre présentée ? Leur sera-t-il autorisé de présenter leur éventuel carnet de lecture pour témoigner de leur engagement dans le travail ?

Pour des raisons d’équité et pour faciliter la surveillance des préparations, le candidat ne disposera pas de ces supports. En revanche, il lui est recommandé de les mentionner et analyser pour justifier ses choix et répondre aux questions de l’examinateur.

Pendant combien de temps le candidat doit-il justifier son choix au début de l’entretien ?

« Le candidat présente brièvement l’œuvre qu’il a retenue et expose les raisons de son choix ». La seconde partie durant 8 minutes, il est raisonnable de limiter cet exposé à environ 2 minutes afin de mener un entretien consistant.

Quelles questions l’examinateur peut-il poser au candidat lors de l’entretien ?

Le dialogue, qui s’appuie sur la brève justification du choix énoncé par le candidat, évalue son expression, ses capacités à argumenter et s’exprimer en interaction, son implication personnelle, les connaissances et la culture acquises notamment au lycée.

L’entretien permet en particulier de tisser des relations entre l’œuvre choisie et d’autres éléments abordés dans l’année ainsi que des activités diversifiées. Il apprécie, en le valorisant, l’engagement du candidat dans des activités telles que le carnet de lecture, les écrits d’appropriation et la participation à des rencontres et actions culturelles.

Il permet aussi d’évaluer, à propos de l’œuvre choisie, l’appropriation par le candidat de connaissances sur les genres, l’histoire littéraire et culturelle, l’histoire des arts, les médias, en relation avec les attentes des programmes.

Il favorise l’expression d’une appréciation critique, d’une émotion ou d’un jugement d’ordre esthétique.

L’évaluation des compétences manifestées dans cette partie ne nécessite donc pas, de la part de l’examinateur, d’avoir une connaissance experte de l’œuvre présentée.

L’entretien ne devra-t-il porter que sur l’œuvre présentée ou des élargissements sont-ils envisageables ?

Des élargissements sont possibles, dans la mesure où ils approfondissent le choix de l’œuvre exposé par le candidat : cette relation doit guider les questions, qui seront donc toujours en rapport avec le livre présenté.

Annexes

Le développement des réponses s’appuie sur des citations extraites des ressources suivantes :

Un vadémécum académique explicitera les modalités de l’évaluation des ÉAF au regard des principes d’équité qui doivent régir les pratiques dans un cadre réglementaire.

 

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