Écriv’E.N. : Découvrir...

Jeudi 25 juin 2015 - 16:45

Découvrir

Pour 2015, la proposition d’écriture consistait à suivre le mot « découvrir » : un mot qui nous met en mouvement et nous conduit vers l’inconnu. Portés par la curiosité – il faut être curieux et aventureux pour découvrir – nous cheminons du drame à la comédie, de l’effroi à l’émerveillement. Nous avançons dans l’ombre des secrets inaccessibles, des hontes inavouées, des amours fragiles, des peurs incontrôlées, et nous parvenons à la lumière qui fait sens. Il faut être éclairé pour découvrir. On peut découvrir un corps là où il ne devrait pas se trouver, découvrir un secret par inadvertance, découvrir une formule chimique qui va révolutionner le monde… On peut aussi se découvrir en ôtant sa veste parce qu’il fait chaud, ou découvrir une partie de son corps pour séduire, ou encore se découvrir des capacités dont on n’avait pas idée, ou les découvrir chez l’autre, ce semblable si différent, etc.

Voici les productions de 2015, que nous vous invitons à... découvrir.

À lire

Notre coup de cœur

Un texte qui rend compte avec humour et originalité du rapport au livre, de l’instant de la découverte et de la supercherie de certains critiques laudatives. Une écriture qui ose, qui a su dépasser les clichés sur la lecture, qui en évoque les composantes sensuelles.

Tous les textes

Salimata, qui vit en France, a pris une année sabbatique pour revenir vivre dans l’ile africaine où habite sa mère. Elle bouscule un peu les traditions par son projet destiné à aider les femmes du village. Elle doit rentrer…

Comme dans le roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose, des morts mystérieuses surviennent dans un contexte de livres. Ici, nous sommes dans l’ancienne BNF, pas dans une abbaye, et l’on assiste, à une drôle d’enquête policière conduite par des personnages farfelus, un archéobiologiste américain puis un doctorant qui s’appuie sur les thèses de Noam Chomsky et les élucubrations d’un ancien prof de philo pour lier les morts inexpliquées à un ouvrage obscur de Plotin… Tout cela tient, l’écriture qui emprunte à la science, à la philosophie, au jargon administratif, pleine d’humour aussi, nous donne envie d’avoir la clé de cette énigme. L’aurons-nous ? L’architecture de la nouvelle bibliothèque François-Mitterrand (autre nom de la rose…) pourrait constituer un élément de réponse…

Un déplacement en suspension, une immobilité finale promesse de mouvement, le texte repose sur un fil ténu. Qui est ce funambule ? Un homme au bord du gouffre ? Un homme qui reprend en main son propre destin ?

Une femme entraperçue dont le regard perdu et un geste lent, répétitif, hypnotisant, va inviter l’auteur à rêver cette mère, et développer une symbolique métaphore de la mer, délicatement poétique.

Ce texte prend la forme d’une errance rimbaldienne, la prose poétique se fait conte merveilleux, chevauchée mythologique, parcours initiatique. Celle-ci épouse la forme d’un voyage sous les formes de l’Ailleurs et dit la force tellurique de l’univers. Le style énergique, vigoureux, novateur, nous entraine au couchant, à la découverte d’univers d’or et d’argent, riches d’échos rimbaldiens, arthuriens, entre autres.

Le texte commence et finit comme un essai et s’ouvre sur une courte nouvelle en forme d’anecdote métaphorique. La découverte de l’autre est propre à faire oublier à l’esprit « son bruit intérieur. » Mais l’autre n’est pas un être charnel, c’est une entité qui permet d’échapper à une routine bien ancrée dans notre société de consommation, généreuse en produits industriels. Elle erre dans les supermarchés, les rues, elle surgit de lectures et du vin qui troublent l’esprit. Mais la rencontre se fait véritablement dans l’union de la lecture et de l’écriture, une écriture maitrisée et commentée. Les mots de l’autre changent de propriétaire et de cette communion nait un couple singulier. Découvrir l’autre c’est « se découvrir autre ».

L’auteur propose trois récits, trois expériences d’une découverte du désert. Ces nouvelles en traduisent bien le vertige et l’émotion : elles proposent des descriptions belles et sensibles. La narration progresse par touches, par associations d’émotions, par glissement d’une description émerveillée à l’autre. Une écriture simple et profonde.

Écrit en une langue légère, agréable, un poème qui pétille et s’envole.

Deux odes à la poésie. Le premier texte, très court, est une invitation à la créativité poétique non déguisée. Le second, qui utilise la métaphore de l’eau courante, possède lui aussi un bel élan.

Poème mêlant de manière inattendue la légèreté et l’insouciance de cette mouette éponyme à la gravité et souffrance de l’exil des émigrés espagnols. Le poème se clôt sur une expression ambigüe, car à prendre en son sens propre, qui accuse plus encore la dramatique situation de ces réfugiés.

De belles sonorités, des images fortes, des mots tout en pudeur et en violence, un texte qui laisse perplexe, la dernière phrase développe une belle image.

Une navigatrice se perd en mer, on ne la retrouve pas. Tout est vécu par le regard de Marc, l’homme qui partage sa vie. Ce texte est une invitation au voyage : vus du large, les paysages côtiers se dévoilent autrement mais c’est surtout une découverte de l’infinité de notre monde intérieur que permet cette prise de distance.

L’auteure propose une exploration poétique, esthétique et sensorielle des différentes émotions que peuvent susciter quelques azalées. Il célèbre ainsi le pouvoir des mots à retranscrire la multiplicité des significations que revêt une expérience selon différents points de vue. Sous la forme classique du rondeau, il nous présente un bouquet d’observations, cueille des épiphanies dans un univers fragmenté.

L’auteur propose un sonnet (à quelques détails près) plein d’images sensuelles et mystérieuses qui invite le lecteur à un voyage hors du temps. On pense à Baudelaire.

L’auteure propose un parcours poétique, comme dans un musée (imaginaire ?) autour de la découverte d’un tableau. Puis, plus spécifiquement, elle décrit une œuvre d’art mystérieuse dont le poème devient la forme. Une écriture maîtrisée, rythmée très imagée, qui propose au lecteur une réflexion sur l’art et la représentation.

Dans une série de sept poèmes autour de l’autre, un texte choisi qui fait vivre au lecteur le temps du texte la vie rom, son intériorité, sa complexité, sa profondeur. Une invitation au voyage dans une altérité profondément humaine, si lointaine et si proche.

Un poème sur des enfants aveugles. À la douleur compatissante de l’observatrice s’oppose la joie de vivre des enfants, et leur profondeur métaphysique. Un texte sensible, aux accents baudelairiens, à la forme classique maitrisée.

Nous cheminons ici à travers une poésie qui est un arrachement au silence, à l’oubli, à la défaite et à la mort. Le poète devient l’archéologue qui fouille dans ses névroses, dans ses peurs et dans ses profondeurs, dans ses zones de brouillards et de désirs obscurs.

Ce texte très poétique est un hymne à la terre, au monde, au voyage, à la découverte de la nature, quête qui en définitive nous conduit à la quête de nous-mêmes. Texte puissant, la plume est trempée dans l’encrier du ciel, de la terre et du sang des humains. Il est bref comme un coup de lame, c’est sa force.

L’auteure présente les doutes et réflexions d’une femme de quarante ans qui dresse un bilan de sa vie sans bonheur. Avec un style vif et de superbes images, elle décrit la fugue de cette femme, loin de sa vie de couple, un temps, loin d’un quotidien gris où elle ne voyait plus, jusque chez une vieille femme italienne qui lui permettra de se découvrir un cœur. Un récit dense, suggestif sans être obscur.

Une prose narrative, métaphorique, poétique, un texte prometteur et joyeux ! À lire à voix haute ou à chanter ?

Belle évocation de l’intériorité par celle du lieu de l’écriture qui concentre les peurs, les désirs.

 

 

 

Nouveaux appels à contribution

Deux nouvelles propositions différentes : l’une d’écriture, l’autre de production plastique.

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Qui sommes-nous ?

Écriv’E.N., Florilège, et l’Académie du livre sont placés sous l’égide de Stéphane François, délégué académique aux arts et à la culture, Frédéric Miquel, IA-IPR de Lettres, et Marie Gola, chargée de mission DAAC.

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