Écriv’E.N. : Dialogues, Palimpseste & Anamorphose

« Dialogues, Palimpseste & Anamorphose »

« Dialogues »

… de sourds ou de dupes ; dialogue social ou philosophique ; de bêtes ou de Bohm ; marivaudage ou Diablogues à la Dubillard ; où les mots s’emmêlent comme chez Tardieu. Qui parle ? À qui ? Pourquoi ? Il s’agit de s’effacer derrière des paroles, des conversations, théâtrales ou pas, de donner la parole à des personnages, de laisser l’initiative aux mots. Nous proposons donc de faire la démonstration du potentiel dynamique du langage lorsqu’il rebondit entre des protagonistes, qu’il brouille les frontières entre écrit et oral. Des mots à la volée, pour mieux communiquer ou pour encore mieux se faire la guerre.

« Palimpseste et anamorphose »

Des jeux troublants pour perdre le lecteur dans les méandres de traces successives, en partie ou totalement effacées ; des réalités cachées entre les lignes ; des disparitions et des réapparitions ; des points de vue qui diffractent la réalité. Les textes peuvent fournir des trames dans lesquelles il serait question de découvrir des manuscrits anciens, des toiles de maitre dissimulées sous des paysages sans valeur, des messages et des symboles. Mais les mots peuvent aussi ouvrir des voies poétiques, des univers en cascades, des mises en abyme, des secrets indicibles, des métaphores obscures… Vous l’aurez compris : nous vous proposons de composer un texte truffé de pièges. Et nous ne demandons pas mieux que de nous laisser prendre.

À lire

Voici les productions qui ont été retenues par le comité de lecture, sous forme de livre à consulter en ligne, à importer dans une liseuse ou à imprimer.

Ce qu’en dit le comité de lecture

Baume et sébum ou Les Vertus du dialogue, Christophe Borras

Un poème de sept quatrains d’alexandrins à rimes croisées, traitant un thème original, alliant modernité et versification traditionnelle, qui interroge et décline la mémoire tactile, visuelle, auditive de nos gestes, dans la manipulation de nos écrans portables lors de l’envoi de messages. Ne sont-ils pas après tous des « palimpsestes à trous » ? Ne deviennent-ils aussi pas les réceptacles d’un immense espace organique d’anamorphoses ?

Dialogues de sourds, Christophe Borras

Deux voix font irruption dans un mot : palimpseste. Un mot qui en devient un autre. En cache un autre, en déshabille un autre.

Une scène de théâtre axée sur la polysémie (ou la polygraphie !) du terme palimpseste ; deux personnages se renvoient leur représentation de ce mot, le découpant en tranches fines, un peu à la manière de Feydeau dans la scène initiale d’On purge Bébé, un peu à la manière de Raymond Devos aussi.

Mets ta cognition sur l’armoire, Christophe Borras

Poème de dix vers qui joue sur les sonorités du mot « anamorphose ». L’auteur propose une définition imaginaire de l’anamorphose, qui « dépiaute » et déploie le terme de manière habile. Il utilise le même procédé pour créer un poème à partir de cette définition, la déployant en jouant sur les sonorités et le sens des termes choisis. Un texte à la fois habile dans la forme et très évocateur.

L’Ile du Petit Ecran, Eric Bertrand

Dialogue théâtral qui dénonce le principe des émissions de téléréalité avec cynisme : laboratoire expérimental dont la seule ambition est de faire le buzz en promouvant la définition d’une norme et d’une langue déshydratée pour imposer le pouvoir de l’état. On reconnait des figures clownesques, avides d’argent et de célébrité, des émissions de téléréalité. Sauf que, et c’est là l’originalité du texte, la littérature et la langue fécondent dans ces candidats, traversés par des vers, « l’insurrection » et que les candidats sont animés d’une insoumission « fertile ». Cette recréation d’une émission actuelle en 2084 déjoue toute tentative d’édification.

Fail, Marianne Giglio

Un récit de la surdité qui joue sur la polysémie des mots

Un texte émouvant, qui sonne juste et résonne avec toutes nos surdités, nos petites lâchetés et aussi notre désir de trouver les mots pour le dire. L’auteur l’a fait !

Statues-menhirs, Bernard Fournier

L’auteur revisite une thématique inspirée par Segalen. Les vers sobres ouvrent l’espace poétique à un dialogue où se mêlent force minérale et chaleur humaine. Un bel hommage à ces hommes qui ont planté ces statues et un hommage à tous les hommes d’aujourd’hui et de demain. Le lecteur peut se laisser emporter par une poétique lithographique sans risques de failles sismiques !

À chaque page un petit miracle de mots et d’images
À chaque page, un petit voyage
À chaque page, les statues-menhirs nous livrent leurs pensées,
et les mots leur indicibles secrets, dans l’écho sonore de leur signifié.

Un voyage dans le temps, dans l’esprit et les éléments.
Les trésors de la nature révélés
Pour mieux appréhender les mystères de l’humanité.
Chaque poème appelant irrésistiblement le suivant.

Émilie et la nécronomie, Stéphane Diemer

Sur le mot de « nécronomie », l’auteur dérive comme sur un voilier et va faire intervenir avec humour plusieurs personnages qui se croisent, s’autodétruisent, s’aiment, s’oublient ou changent de livre… Entre un pédalo en Colombie, une librairie fermée, un professeur qui n’a qu’une étudiante, et des dialogues hauts en couleur, le lecteur s’amuse des accélérations du récit, des aimables ellipses et des registres de langage télescopés.

Les tribulations d’Emilie ? D’un scénario zébre ? d’une joie d’écrire ? L’attente, la joie, le désarroi, l’absence de communication, la solitude… la vie quoi !

Je ne sais pas, Audrey Plévert

Deux protagonistes, des voisins tentent l’incommunicable ! Dans cette scène entre des personnages réduits à une initiale et que les didascalies décrivent pourtant assez minutieusement, la parole est ensablée et le dialogue est presque plus celui de muets que celui de sourds, même si les personnages essaient de communiquer.

C’est bien fait, très bien fait. Décharné. Juste. Une situation de déroute de la langue. Deux corps dans leur propre désert

Anna et Kamil, Fred Milan

Un échange de courriels qui conduit le lecteur entre Asie et Méditerranée, entre Elle et Lui, entre réel et fiction. Un dialogue poétique et amoureux qui fait rêver et voyager, un appel aux sens, des échos et des résonances multiples, de l’intertextualité, un texte à fort pouvoir suggestif.

Augustin et Ludivine, Anne et Frédéric Miquel

Un dialogue entre un vieil homme en fauteuil roulant et une femme qui le pousse jusqu’à la mer. L’auteur caractérise les personnages à petites touches à la manière des impressionnistes. La description sobre d’un moment de bonheur, un récit qui s’éclaire dans les derniers mots. N’en disons pas plus pour ne pas gâcher la belle chute…

Albert Crudet-Ponsas, Frédéric Miquel

C’est l’histoire d’un nom à effacer (palimpseste ?), l’histoire d’un nom composé difficile à porter et source d’humiliations dans la cour de récréation. C’est l’histoire d’une vie, de l’enfance à la mort, brossée à travers le prisme de l’identité. Le style anaphorique, la disposition strophique des paragraphes, la coulure de la phrase unique, tout laisse à penser que le narratif croise le poétique.

Corps-Palimpseste, Frédéric Miquel

Portrait d’une femme par le regard d’un narrateur qui recompose par les mots les pièces du puzzle de son corps. En une seule et longue phrase, le lecteur suit le fil de l’histoire personnelle d’un personnage à travers les traces que son corps a gardées. Cette réécriture charnelle fine et délicate suscite l’intérêt du lecteur et l’envie d’en lire une suite.

Nouveaux appels à contribution

Deux nouvelles propositions différentes : l’une d’écriture, l’autre de production plastique.

Pour plus d’informations (autorisation de diffusion, adresse de contact, règlement), consulter le nouvel appel à contribution.

Qui sommes-nous ?

Écriv’E.N., Florilège, et l’Académie du livre sont placés sous l’égide de Stéphane François, délégué académique aux arts et à la culture, Frédéric Miquel, IA-IPR de Lettres, et Marie Gola, chargée de mission DAAC.

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