Écriv’E.N. : Embarquer

Lundi 22 février 2016 - 11:45

Embarquer

Photo d’un pontonAprès le verbe « découvrir », nous vous suggérions de suivre le verbe « embarquer » : emmener quelqu’un (de plein gré ou à son corps défendant), voler un objet précieux, s’embarquer la nuit dans les remous d’une eau dangereuse (pour fuir ? pour surprendre ?) ou en plein jour avec une fanfare qui sonne le départ (vers l’aventure ? un monde nouveau ? un retour claironnant ?), s’embarquer en plein soleil poussé par le vent du large vers des iles pas si lointaines ou se trouver embarqué comme Ulysse dans un voyage de retour mouvementé et interminable, battu par les vents contraires…

Voici les productions qui ont été retenues par le comité de lecture.

À lire

Difficile de ne pas céder au chant des Sirènes en se laissant embarquer sur l’écran de notre ordinateur… C’est ce chant séducteur et pernicieux que ce poème court localise avec finesse, mesurant les dangers des réseaux sociaux et du web. Poème mélodieux, ces quelques vers nous invitent avec charme et délicatesse à appréhender les paradoxes de ce mode virtuel de communication.

Et si le voyage d’Ulysse avait commencé ici, entre les falaises foudroyantes de l’Hortus, au Nord, et la mère méditerranée, au Sud, cette lie de vin azuréenne et écumante… Sans boussole, sans repère, dans le chaos du monde sans lumière, seul le soleil des aubes naissantes pouvait l’accompagner dans sa quête de sens. Que cherche-t-il ? Où est-il ? Où va-t-il ? Que de mystères pour un simple pêcheur embarqué…

Se faire embarquer en classe c’est se lancer dans des projets, des activités d’écriture, c’est ce qui crée de la motivation, du désir d’apprendre et du plaisir à être ensemble. Cet embarquement s’inscrit dans la suite logique d’une vie passée à être au service des autres que l’on soit parent, bénévole ou militant syndiqué…C’est ce qu’énonce poétiquement l’auteur de ce texte qui enseigne se situant entre le témoin et le passeur…

La conquête de l’astre nocturne apparait comme bien dérisoire aux yeux de ce marin, pas moins de trois fois réincarné pour nourrir un ambitieux et non moins illusoire projet.

Le couple dans toute sa splendeur d’une haine domestique bien illustrée. Accusé sur accusation, le fiel se délite jusqu’au soubresaut d’un vent qui se lève sur un mot qui les délie de leur propre piège.

Voyage interstellaire pour un chauffeur, une BlaBlaFusée puis un lapin blanc orphelin à destination de Uexclan (Ardèche). Bouchons sur la ceinture périphérique, autoroute spatiale, collision avec un lapin blanc ailé (la mère de l’orphelin). Un vieux sage penché sur un livre sacré d’images pornographiques entame un discours philosophique… Texte bifurquant incessamment dans des phrases inattendues, agrémenté de profondes réflexions sur le réel, dans un décor de science-fiction.

Dernier voyage en voiture de la une mère morte d’un narrateur « chargé ». Dans l’automobile outre la mère et le fils (le conducteur) deux voyageurs de hasard sans culture littéraire. Une réécriture de L’ Étranger, qui se détache progressivement du texte initial pour embarquer le lecteur dans un monde décalé et caustique.

Avez-vous déjà imaginé ne plus rien avoir à lire ? Pas même une ligne pour descendre les fleuves impassibles sur les Bateaux Livres ni pour écouter le clapotement furieux des marées ? Rien, plus rien, pas même un manuel scolaire pour parcourir le monde et fuir votre existence de pacotille ? C’est ce qui arrive pourtant au narrateur de ce récit, soudainement embarqué dans les rues de la ville ou dans les rayons d’une grande librairie. Là, dans ces endroits improbables, remplis de pirates à lunettes et d’aventuriers des mers, là où se jouent les plus grandes « batailles », tout se transforme et tout devient possible… jusqu’à avaler le bas noir d’une jeune fille.

Un « Je »prend l’amer. Qu’y trouvera-t-il ? L’écume des rêves et des illusions en ressac, la quête d’un remède à sa propre indifférence ? Dans ces variations le lecteur est convié à prendre, lui aussi, la mer. Mais c’est un voyage dont l’avenir semble cadenassé par un présent atone et lucide, comme si, dans ce voyage, le vrai « Je » restait en terre, voire déjà enterré. Écriture resserrée, quelques vers aux accents étranges, entre Du Bellay et le Symbolisme.

C’est la longue dérive d’une barque qui devient l’objet de la poésie. Métaphore de la poésie, la barque rend possible toute traversée. Entre enchantement et résistance, trace mémorielle, traversée temporelle et vibration de l’instant, le voyage au creux de l’ombre est plein d’éclats. Celui-ci repousse en même temps qu’il défait les limites des frontières. Embarcation conciliant « les fabuleux contraires », la poésie qui glisse sur une eau ouverte est un appel à la liberté toujours en devenir.

Ce paysage baigné par le soleil, envahi par l’astre brulant, inonde le paysage et freine la marche ou l’avancée de deux personnages. Voilà que l’eau sourd du rocher venant hypnotiser les voyageurs endormis, engourdis par la chaleur écrasante d’une journée d’été. Comment se passer ensuite de sa musique et des voix du passé qu’elle accompagne ?

Poème très émouvant, évocation de l’âge, de la maladie et de la mort qui approche, un lyrisme subtil.

Une nouvelle réaliste « à chute » empruntée à un fait divers relayé par les médias. Ce texte relate le parcours dramatique de deux adolescents rêvant d’un avenir meilleur, loin de leur terre natale d’Afrique.

Courte nouvelle dont le titre aurait pu être choisi dans les premiers mots : « Mon nom est personne ». Un être qui a oublié son identité. Pieds et poignets liés. Sous les coups, le corps contraint, humilié, affamé. Ils sont plusieurs ainsi qui ont perdu la notion du lieu, du temps. Embarqué, il rame pour qui ? Vers où ? Sur quel océan ? Depuis combien de temps ? Une seule certitude : c’est un galérien qui mourra avant d’accoster un hypothétique quai. Venu d’un lointain passé, il s’interroge et ses mots résonnent de façon terriblement contemporaine.

Un poème qui nous embarque, avec des jeux sur le langage, dans l’aventure d’un écolier qui découvre le monde des mots, se laisse absorber par un livre qui le délivre de sa réalité et qui, peut-être, fera de lui un nouveau voyageur, et lui instillera de la curiosité à jamais. Lire, c’est s’embarquer vers des contrées inconnues car la lecture agit comme une morsure et traverse le corps de l’enfant en émoi en même temps qu’elle l’ouvre à l’expérience du monde.

Ce poème dit à la fois le lieu d’habitation du « je » et le lieu d’habitation de la parole. La poète vit en langage. Elle dit son errance en poésie, son amour du verbe. Elle souhaite libérer le mot et le rendre à la matière dans son essence. L’intertexte mallarméen renvoie à la fameuse « disparition élocutoire du poète » qui laisse l’initiative aux mots. Enfin, la poète est toute de langage tissée.

Pensées fleurs — souvenirs sur le temps qui passe, le voyage de la vie… Une poésie classique, quoique… peut-être un pastiche ? Embarquez, vous verrez ce qu’il en est en suivant l’auteur dans ses pensées… ou en l’imitant et en vous laissant embarquer par les vôtres !

Nouveaux appels à contribution

Deux nouvelles propositions différentes : l’une d’écriture, l’autre de production plastique.

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Écriv’E.N., Florilège, et l’Académie du livre sont placés sous l’égide de Stéphane François, délégué académique aux arts et à la culture, Frédéric Miquel, IA-IPR de Lettres, Marie Gola, chargée de mission DAAC, et Viviane Youx, présidente de l’AFEF.

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