Écriv’E.N. : Frontières/Ponctuation

« Toute littérature est assaut contre la frontière. » Kafka, Journal

Notre proposition : partir à l’assaut des frontières, les déplacer, les dépasser, les repousser, les franchir, les renforcer, les contrôler, les abolir, les inventer, les redéfinir, les colorer, les dessiner, les faire sauter, les faire trembler, les imaginer, les chanter, les souffler, s’y poser, y déposer, s’y recueillir… Car « L’écrivain est un homme privilégié à qui on donne le droit de traverser les barrières entre les classes sociales aussi bien que les frontières entre les pays. » (Dany Laferrière.)

La seule frontière : 6 000 signes.

« La ponctuation, champ des signes ? »

Notre proposition : partir à l’assaut de la ponctuation, pour voir si elle y résistera. On le sait, la ponctuation organise un écrit grâce à un ensemble de signes graphiques ; elle indique les intonations, marque l’organisation syntaxique d’un énoncé et donne aussi des informations sémantiques… On la respecte, on s’en passe (pour ne pas « ponc-tuer » !), on en joue, on la (re)crée jusqu’aux émoticons. Votre texte parlera de ces signes multiples — mais pourra aussi les faire parler, vibrer… ou taire.

À lire

Voici les productions qui ont été retenues par le comité de lecture, sous forme de livre à consulter en ligne, à importer dans une liseuse ou à imprimer.

Ce qu’en dit le comité de lecture

Le Point-virgule, Laurent Desvoux-D’Yrek

C’est un grand plaisir de retrouver le style ciselé de Laurent Desvoux dans un texte poétique et dense qui fait l’éloge du point virgule. Le signe de ponctuation sert à la fois d’ancrage et de point de départ d’une vaste réflexion sur la langue. Il part à l’assaut d’un paysage, d’une formulation, d’une phrase, point de jonction, « à l’envers, à l’endroit » du foisonnement du monde et de la construction de la langue et de la pensée. Le poète envisage toutes les combinaisons, potentialités, virtualités de ce signe qui « serait » comme un appel à la créativité de notre rapport aux mots et au sens. Le voyage de ce point-virgule chevauchant tous ces mots, toutes ces phrases, est haletant. Il rebondit lumineux dans l’espace comme ces boules de flipper rencontrant les ressorts et leurs étincelles de contact.

Lignes droites, lignes brisées, Marie-Laure Elalouf

Court poème sur la frontière, la migration, la mer qui avale, l’autre et l’étranger. Un texte bref, comme une apostrophe au lecteur. En Kanak, « autre » se dit « savoir » et « savoir » se dit « autre »… À la lecture, les mots ont ricoché dans mon esprit, comme des galets sur l’eau de ma vision du monde puis ont plongé dans les profondeurs de ma paresse, éveillant mon désir de l’autre.

Dans l’engrenage, Sophie Raynaud

Deux mondes que rien ne pouvait réunir, si ce n’est le désespoir et la vie. Un jeune homme issu de la très haute bourgeoisie voit sa vie basculer après avoir été expulsé, son train de vie l’a englouti et sa famille le renie. Seule issue : le suicide. Mais c’est sans compter sur une rencontre exceptionnelle…

Poème voyage, Sophie Raynaud

Un poème qui met en scène une définition temporelle des « frontières », le lâcher-prise de l’individu se laissant porter par l’instant présent. Un écrit appelant le mouvement d’un bateau, il délivre le lecteur de ses attaches, il le plonge dans le « possible », le lecteur s’autorise à partir, à se laisser porter par les mots. Court poème à la forme rigoureuse plutôt classique, chantant le voyage comme moyen d’abolir le temps, d’en casser les frontières. Sa façon de marquer les « temps », sa musicalité, nous embarquent loin dans le paysage. D’une manière ambigüe, ou contradictoire, il fige le mouvement dans le présent et par là donne des limites au temps !

Frontières, Bernard Fournier

Court poème sur le thème de la frontière, déclinaison de la réunion des au-delà des frontières, quête d’un monde uni, un désir d’universalité dans la parole poétique. Un texte qui chante et qui enchante. Agréable à lire, rythmé, il pose au centre un je lyrique qui souhaite réunir les contraires par l’écriture et abolir les frontières.

Mutinerie, Audrey Plévert

Dialogue entre des touches du clavier d’un ordinateur. Lettres et surtout signes de ponctuation sont très convaincants dans leurs échanges argumentés. Une idée très originale qui donne envie de s’y coller et d’inventer quelques rencontres entre toutes les ponctuations qui sont les compagnes de nos mots ; la légèreté des échanges m’amène à prendre cette conversation au sérieux et me donne envie d’en vivre plusieurs ; et comment les vivre si je ne les écris pas ?

Nouveaux appels à contribution

Deux nouvelles propositions différentes : l’une d’écriture, l’autre de production plastique.

Pour plus d’informations (autorisation de diffusion, adresse de contact, règlement), consulter le nouvel appel à contribution.

Qui sommes-nous ?

Écriv’E.N., Florilège, et l’Académie du livre sont placés sous l’égide de Stéphane François, délégué académique aux arts et à la culture, Frédéric Miquel, IA-IPR de Lettres, Marie Gola, chargée de mission DAAC, et Viviane Youx, présidente de l’AFEF.

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